À PROPOS DE…
AU-DELÀ DE LA VAGUE
par Arlette Shleifer

Mes sculptures s’inscrivent dans un environnement écologique d’actualité : leur matière première est la nature qui nous parle de vie, de couleurs et d’énergie nouvelle.

Venus de la montagne, suivant la rivière, ils se sont échoués sur la plage, trop effrayés par la mer immense qui n’en voulait pas non plus.

Ayant perdu leur sève, leurs branches au cours de ce long périple, ils ont fait leur nid dans le sable, dans les algues caressées par l’écume qui tentait de les nettoyer au rythme des vagues.

Ils sont légion sur les rives des lacs et des plages mais peu les regardent avec l’envie de leur redonner vie ou plus exactement une nouvelle chance de plaire. Ils sont vieux, parfois centenaires et racontent une histoire enfouie dans les nœuds de leur chair.

La rencontre est primordiale : il y a les bois lisses, sans intérêt, les trop noueux, peu sereins qui ne portent pas le plaisir et puis soudain la magie opère !

Ils ont donc été repérés, transportés, nettoyés et oubliés au coin du feu pendant tout un hiver. Puis au printemps ils ont été remis dans le jardin afin que les premiers rayons du soleil les caressent et leur redonnent une belle énergie.

L’été venu, débarrassés des traces de leur voyage ils ont été caressés, cirés, peints afin de les parer d’un habit de lumière.

Ces bois ayant repris une vie nouvelle sont porteurs d’ondes positives et dynamiques ; ils ravissent tous nos sens.

Il y a « Flamme » qui se dresse comme un menhir pour nous protéger et nous montrer du bout du doigt la sagesse, « Faune » roi des forêts figure plusieurs animaux du haut de sa carapace de châtaignier de 150 ans d’âge. « L’éléphant qui nage » nous entraîne vers notre enfance sur les ailes de « Gertrude » venant tout droit du « Voyage au centre de la terre », accompagnée des « oiseaux de paradis », de « l’oiseau papillon » et du « poisson volant ».

Quant aux écorces, elles se prennent pour des émaux, des bijoux et chaque aspérité de leur peau devient une pépite de couleur et de lumière.

Et tous ces bois racontent désormais une renaissance, l’espoir et une histoire de bois ancien, de voyage qui nous réchauffent le cœur.

Arlette SHLEIFER Avril 2013
LES BOIS FLOTTÉS
par Camille Faggianelli

Les Bois Flottés d’Arlette Shleifer reçoivent ici leurs lettres de noblesse. Dans l'Antiquité, la beauté est synonyme de bonté.

Et s’il s’agit bien ici de beauté, ce message d’amour passe aujourd’hui par les formes et les couleurs que l’artiste a créées et adaptées aux formes tourmentées de ces bois perdus, ballottés par les vagues et le temps, par tous les temps, tels des petits bouts d’enfants que la mer aurait recueillis...

Depuis toujours, on porte un intérêt profond à la beauté même si celle-ci varie selon les époques et les sociétés. Arlette Shleifer en a fait son cheval de bataille, pour séduire certes, mais surtout pour transmettre des messages très différents selon les formes et les couleurs. Comme nous-mêmes qui allons porter notre regard sur ces bois, qui dépendra essentiellement de notre état d’esprit du moment, de notre disposition à recevoir un message.

Car il s’agit bien ici de message.

Des enfants oubliés, ballottés par la vie, roulés sous les vagues du chagrin et de la solitude, attendent qu’une main les recueille, les abrite, les lisse et leur rende les couleurs de la vie.

Si l’apparence physique a un impact majeur sur la perception d'un individu ou d’un objet, c'est même le premier élément qui entre en compte. Ici, séduits par l’étrange beauté de ces bois éparpillés par les vagues du temps, nous porterons un regard décalé qui passera par des petits visages en quête d’amour et de chaleur humaine.

Si l'impératif du paraître et de la perfection règne aujourd’hui dans notre société, cet impératif reste une illusion après laquelle chacun court sans jamais l’attraper, car chacun porte en soi son lot de chimères, de chagrin et de regrets qui l’empêche d’aller au-delà. Ainsi en est-il du bonheur, qui pourrait rester une illusion aux âmes insatisfaites. Mais parions aujourd’hui que oui, la perfection existe, ici même, dans cette exposition où sont mis en parallèle les formes tortueuses des bois flottés des plages de Corse et les méandres d’angoisse et de chagrin des enfants oubliés. Si « le cœur a ses raisons que la Raison ne connaît pas », nous voilà confrontés à nous-mêmes, à notre cœur, alors aidons ces enfants à sortir de la tempête de l’oubli.

Dr Camille FAGGIANELLI - Docteur en Histoire de l’Art Université Paris IV-Sorbonne - Docteur en Médecine
LES COULEURS DE LA CORSE
par Camille Faggianelli

Le pinceau qui rend étincelantes les strates de lumière d’Arlette SHLEIFER emprunte à la botanique le modèle du « rhizome », cette plante anarchique qui naît d’elle – même, s’étale et se superpose, s’entrelace et s’achève sans vraiment arrêter son cycle.

Penser la multiplicité des échanges de couleurs et de formes, comme la multitude de flux colorés, c’est penser la toile sensible et fragile où la communication est un fluide dont les limites sont dissoutes en elles-mêmes…

Dr Camille FAGGIANELLI - Docteur en Histoire de l’Art Université Paris IV-Sorbonne - Docteur en Médecine
COUPURES DE PRESSE — JDC : "Au-delà de la vague"…
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